L’activité des ingénieurs hydrauliciens, 2e partie

2019-09-01T13:30:30+00:0031 août 2019|Actualités, Monaco|

Les apparences sont trompeuses : bien qu’il semble posé, comme en apesanteur, quelques mètres au-dessus de la Méditerranée, l’éco-quartier de L’Anse du Portier ne flotte pas ! Il repose solidement ancré sur une infrastructure sous-marine. Cette infrastructure est essentiellement composée de deux éléments : le remblai d’assise et la ceinture de caissons. Ces ouvrages sont situés en pleine mer et soumis en conséquence à d’importantes contraintes physiques. Ces contraintes agissent à la fois sur l’espace marin et sur les ouvrages immergés.

Nous allons découvrir en 3 parties, l’activité des ingénieurs hydrauliciens qui, prenant en compte l’ensemble des paramètres, développent les solutions qui permettent de réaliser l’infrastructure maritime.

Des pages de calculs, des simulations numériques, des essais en 2D et en 3D sur maquettes, ont guidé leurs choix. Les solutions retenues définissent la géométrie du remblai d’assise et celle des caissons, leurs dimensions et leurs positions. Elles ont enfin permis de satisfaire les exigences de sécurité et de pérennité des structures, mais aussi le projet fonctionnel et les options esthétiques des architectes. Au final ces études ont tracé une voie originale et inédite pour le développement d’une urbanisation durable en milieu maritime.

Le dimensionnement de l’infrastructure maritime est défini par la compréhension du milieu

Il a donc fallu innover pour palier cette situation complexe. Les ingénieurs hydrauliciens ont d’abord évalué sur une période de 100 ans les houles moyennes et les vagues extrêmes susceptibles d’atteindre L’Anse du Portier. Ils se sont également appuyés sur les connaissances des spécialistes en météo marine. Ceux-ci se sont comportés en « historiens de la mer » pour reconstituer le climat de ces 20 dernières années. Ces reconstitutions ont été corrélées à des données satellitaires et des éléments contemporains sur le comportement des houles.

De cet ensemble de savoirs, sont nées ce que l’on peut appeler « des houles de projet », c’est-à-dire la définition de situations qui ne se produisent qu’une fois par siècle. Ces « houles de projet », phénomènes extrêmes, se caractérisent par une hauteur de vagues, une longueur d’onde et une orientation des intempéries envisagées.

A ces résultats, les ingénieurs hydrauliciens ont ajouté une valeur de 10% afin de renforcer la capacité des ouvrages à faire face aux événements météorologiques auxquels ils pourraient être confrontés.

Ainsi, dans les cas les plus extrêmes, les vagues pourraient atteindre jusqu’à 8 mètres de haut.

L’infrastructure maritime est principalement composée du remblai d’assise et de la ceinture de caissons. Image © Bouygues TP MC

C’est à partir de la description de ces situations particulières que les ouvrages composant l’infrastructure maritime ont été dimensionnés. Ils répondent à trois critères.

La stabilité, car aucune variation des constructions (remblais, caissons) n’est acceptable, ni inclinaison, ni érosion, même sous  l’effet de la pire des tempêtes.

Les franchissements. Quand une vague frappe un mur vertical, elle a tendance à en faire l’ascension. Si le mur n’est pas assez haut, le risque de franchissement est réel. Ceci peut provoquer dans le quartier des impacts, des inondations, voire des dommages structurels sur les immeubles, des risques pour les promeneurs.

La réflexion, si la force de la vague « rebondit » sur l’infrastructure, son onde se propage aux espaces voisins. Or le nouveau quartier se trouve entre deux réserves marines et à proximité du Port Hercule de Monaco au sud du projet. Ces réflexions ne sont pas acceptables.

Le port Hercule se trouve à proximité du projet. Photo © SAM L’Anse du Portier