L’émergence de la nouvelle terre 1/2

2019-12-11T10:05:27+00:006 novembre 2019|Actualités, Monaco|

Dans toutes ses composantes, le chantier de l’extension en mer est exceptionnel. Pas à pas, c’est le futur d’un quartier sans pareil qui se dessine. Mais, chaque étape, avec ses enjeux particuliers, est cruciale au regard de la réalisation globale de l’infrastructure maritime.
Après l’édification du remblai d’assise, après l’assemblage de la ceinture de caissons, les équipes mobilisées sur le chantier en Principauté de Monaco ont entamé le 14 octobre dernier, la troisième phase de ce type : la réalisation du terrain à bâtir.
D’ici à la fin de cette année, six hectares auront été ajoutés au territoire monégasque. Avec le remplacement de l’eau retenue entre le littoral et la ceinture de caissons par du sable de carrière.
Cette opération d’envergure s’inscrit comme pour les autres phases de travaux, dans un cadre très strict afin de limiter l’impact sur l’environnement. Le comblement de l’espace maritime, la protection de la faune, puis l’émergence de nouveaux terrains en constituent les axes majeurs.

Création du plan d’eau

Le 18 juillet 2019, la ceinture de caissons a été fermée avec la pose du caisson C111.
L’insertion de cette pièce dans ce gigantesque puzzle, dont chaque élément pèse 10 000 tonnes2, a fini de délimiter en mer l’espace de 6 hectares, où se développera l’éco-quartier de l’Anse du Portier.

C11 le 18/07/19 au moment de l’insertion dans la ceinture de caissons. Photo © Bouygues TP MC

La mise en place de ce caisson a également eu pour effet de créer un « lac temporaire » d’eau salée, entre le littoral existant et le littoral en devenir.

« Lake Monaco », le 18/07/2019. Photo © Bouygues TP MC

Ce sont 450 000 m3 d’eau qui sont retenus derrière la ceinture de caissons. Dès lors, la faune présente se trouve séparée du large par la ceinture de caissons.

Le plan d’eau vu depuis le chantier. Photo © SAM L’Anse du Portier

Sauvegarde des poissons

Avant sa fermeture, les équipes de la Direction de l’Environnement du Gouvernement Princier, d’URBAMER3, de Bouygues TP, de la SAM L’Anse du Portier et des spécialistes locaux (plongeurs, pêcheurs) ont mené une large réflexion sur les moyens d’évacuer les poissons retenus.
Deux équipes d’experts, indépendantes l’une de l’autre, ont procédé à l’identification et au recensement de la faune présente. Une étape préalable indispensable pour mettre en place le protocole spécifique de récupération et de remise à l’eau de chaque espèce.
Suivant les prescriptions d’Éric Rinaldi, pêcheur à Monaco, 10 nasses appâtées ont été immergées et disposées dans des zones précises de rassemblement de poissons. Il a ensuite été procédé à 8 relèves, soit quatre-vingts opérations nécessitant pour chacune d’entre elles 5 personnes.


Relevé d’une nasse avec un plongeur. Photo © SAM L’Anse du Portier

Un autre procédé a consisté à organiser avec la fédération monégasque de pêche et cinq de ses membres, des sessions de pêche à la ligne ou à la palangre. Des hameçons spécifiques ont été utilisés pour limiter les risques de blessure. Des appâts différents ont également été utilisés, pour couvrir tout l’éventail des espèces présentes, et parmi elles, des mérous.

Dans tous les cas, un mode opératoire précis est suivi pour prendre en charge les poissons, les photographier, les peser, les mesurer dès leur sortie de l’eau le plus rapidement possible.

L’exécution du protocole environnemental et la remise à l’eau. Photos © SAM L’Anse du Portier

Transportés dans des bacs d’eau salée, les poissons sont ensuite remis à l’eau de l’autre côté de la ceinture de caissons, à proximité de l’aire marine protégée du Larvotto.

Depuis la fermeture de la ceinture de caissons, le taux d’oxygène dans le lac est suivi en continu. Le risque initial était qu’il chute. Mais, depuis juillet, les mesures effectuées avec cette sonde fournie par URBAMER (voir photo) montrent qu’il est stable.


Une bouée électronique destinée à mesurer le taux d’oxygène dans l’eau du lac. Photo © SAM L’Anse du Portier
1. L’ouvrage érigé durant 12 mois, mesure 500 mètres de long. Il repose par 20 mètres de profondeur sur une colline sous-marine spécifiquement conçue, le « remblai d’assise ». La ceinture de caissons est volontairement sinueuse pour préserver le courant sous-marin nécessaire à l’oxygénation des fonds.
2. Il s’agit du poids « à vide ». Une fois ballasté chaque caisson pèse le double.
3. Il s’agit de l’organisme qui pour le compte de l’Etat monégasque veille sur le bon déroulement des travaux de création de l’extension en mer.