L’émergence de la nouvelle terre 2/2

2019-12-11T10:37:57+00:007 novembre 2019|Actualités, Monaco|

Dans toutes ses composantes, le chantier de l’extension en mer est exceptionnel. Pas à pas, c’est le futur d’un quartier sans pareil qui se dessine. Mais, chaque étape, avec ses enjeux particuliers, est cruciale au regard de la réalisation globale de l’infrastructure maritime.
Après l’édification du remblai d’assise, après l’assemblage de la ceinture de caissons, les équipes mobilisées sur le chantier en Principauté de Monaco ont entamé le 14 octobre dernier, la troisième phase de ce type : la réalisation du terrain à bâtir.
D’ici à la fin de cette année, six hectares auront été ajoutés au territoire monégasque. Avec le remplacement de l’eau retenue entre le littoral et la ceinture de caissons par du sable de carrière.
Cette opération d’envergure s’inscrit comme pour les autres phases de travaux, dans un cadre très strict afin de limiter l’impact sur l’environnement. Le comblement de l’espace maritime, la protection de la faune, puis l’émergence de nouveaux terrains en constituent les axes majeurs.

La création du terrain

Pour créer le terrain à bâtir, du sable est déposé progressivement dans le « lac » depuis le 14 octobre à 14 heures, date à laquelle a débuté officiellement cette opération avec le navire NORDNES en provenance de Marseille.

14 octobre 2019, le Nordnes procède au premier déversement de sable de carrière. Photo © Bouygues TP MC

Ce sable est produit en carrières, en France (autour de Marseille) et en Italie (dans la région de Piombino).
Il s’agit de grains dont la taille varie de 0 à 50 mm. Il sortira au total des sites de production 750 000 tonnes de ce matériau, pour un volume global à remplir de 440 000 m3.

Les passages du NORDNES alternent avec ceux d’un autre navire : le STORNES. Ce dernier est déjà intervenu sur le chantier de l’extension en mer lors de la réalisation de la plateforme QPC en avril dernier.

Pour cette nouvelle opération, ils assurent quatre livraisons de sable par semaine, deux par navire. 24 000 tonnes sont déposées à chaque passage. Au total, il faudra 31 livraisons pour transporter les 750 000 tonnes.

24 000 tonnes de sable sont déposées à chaque passage. Photo © SAM L’Anse du Portier

Chaque navire est équipé d’un moyen de déchargement de 75 mètres de long.
L’engin baptisé « la sauterelle » est un élévateur mobile et inclinable, muni d’un tapis convoyeur (ou de godets en fonction de l’usage), qui permet la dépose de matériaux.
Chaque navire est placé parallèlement aux caissons dans un secteur prédéterminé. La sauterelle passe par-dessus l’ouvrage en béton pour décharger sa cargaison à l’arrière.
Un déchargement dure environ 14 heures.

La sauterelle. Photo © SAM L’Anse du Portier

Une organisation très précise dans l’alternance des zones de décharge a été déterminée. Le comblement est méthodique et les deux navires opèrent en progressant vers le centre de la ceinture.

Les trois premières semaines de travail constituent une première phase. Au cours de celle-ci, 200 000 tonnes de chargement seront déversées. Ce sable établira une première plateforme à partir de laquelle seront répartis les déchargements suivants.

Ce scénario permettra dès la fin du mois de novembre de rendre disponibles plusieurs aires de travail. La réalisation du terrain se poursuivra par ailleurs.
Il sera procédé en priorité à des campagnes géotechniques complémentaires1. Elles sont préparatoires à la réalisation des pieux de fondations des immeubles, qui seront construits par la suite.

L’évacuation de l’eau

Tandis que le sable de carrière est déposé, le plan d’eau se vide par percolation.
L’eau de mer s’échappe lentement à travers le remblai d’assise sous-marin et s’écoule vers l’extérieur de la ceinture de caissons, au rythme de la dépose du sable.
L’avantage de ce procédé réside dans le rôle de filtre que joue le remblai d’assise. En effet, il retient les « fines », ces poussières naturelles contenues dans le sable et ces dernières ne provoquent pas de turbidité à l’extérieur de la ceinture de caissons.

Le terrain va émerger progressivement, à mesure que le volume de sable dans l’enceinte va s’accroitre et que le niveau de l’eau va baisser.

Il sera totalement achevé en fin d’année 2019.

Cette image 3D permet de matérialiser le terrain terminé. Image © Principauté de Monaco – SAM L’Anse du Portier – Renzo Piano Building Workshop – Valode & Pistre Architectes – Michel Desvigne Paysagiste

Des travaux complémentaires pour parachever la réalisation de l’infrastructure maritime

Depuis la fermeture de la ceinture de caissons, de nombreuses opérations de génie civil se déroulent :

  • La finition des caissons proprement dite après le ballastage solide2,
  • La pose des murs chasse-mer,
  • La réalisation des accroches du côté du Larvotto,
  • La pose d’enrochement sur le remblai d’assise pour protéger sa face avant.
La pose d’un mur chasse-mer. Photo © SAM L’Anse du Portier

Par ailleurs, une fois la dépose du sable achevée, celui-ci sera vibro-compacté pour lui donner ses propriétés définitives, notamment la densité nécessaire pour supporter les ouvrages à venir.
Des opérations d’amélioration des sols existants seront également menées, notamment dans la portion se situant le long de l’ancien littoral où une couche de sédiments a été laissée en place pour lui donner les qualités mécaniques requises3.

Enfin, une partie des quais du port d’animation sera réalisée dès l’année prochaine, même si la fin du génie civil du port proprement dit n’aura lieu qu’en 2024.

Toutes ces opérations seront achevées en novembre 2020, laissant ainsi place à la réalisation des bâtiments, dont les fondations auront débuté auparavant, au fur et à mesure de la libération des différentes zones de terrain.

1. Les campagnes consistent en des sondages et essais qui permettent de définir précisément les caratéristiques du sol dans lequel seront réalisées les fondations des bâtiments.
2. Le dossier n°7 « Le remorquage et la pose des caissons » traite en détail, de la phase spécifique de ballastage des caissons.
3. Il s’agit d’un ensemble d’opérations qui visent à donner aux sols les caractéristiques nécessaires pour l’accueil des structures qui seront bâties dessus.